Ce matin, je me réveille vers 6h après une bonne nuit ; soleil. Chouette.
Je me prépare pour aller à Kullu avec Domi. Je déjeune donc à l’hôtel, et m’offre ce matin le luxe d’un vrai café, passé dans la cafetière filtre ! Salade de fruits, œuf au plat, muesli, yaourt, café, quoi rêver de mieux ?
A 8h30, je prends mon sac, salue toute la famille puis descends, direction la gare routière ; j’y retrouve Domi, on monte dans le premier bus pour Kullu : il reste 2 places alors que nos fesses alourdies d’Européennes d’âge mûr en réclameraient bien 3. Je fais donc le trajet sur une fesse et demi, pas super confortable…

Certes, il ne faut pas craindre la promiscuité, mais c’est une expérience intéressante car il se passe tjs qqch… Sauf qu’au bout d’une heure et demi de trajet, pour 40km, on est vermoulu! Et quelle différence de température ! Ici à Kullu, 1200m d’altitude, c’est la grosse chaleur !! Ventilateur ou clim’ obligatoire !! Qu’est ce qu’on est bien à Manali tout de même, on respire tjs de la fraicheur…

Domi a monté en 2009 à l’aide d’une ONG française Handimachal, un centre de rééducation pour personnes handicapées pour lesquelles avant cela RIEN n’était proposé. C’est à l’image de la mentalité indienne, chacun accepte son sort ; on peut aussi aller voir des guérisseurs… qui donnent de la poudre de perlimpinpin et des conseils du genre : ne mange pas de viande pendant 3 semaines, tu verras ensuite ta fille parlera (véridique).
Certes, les enfants handicapés (disabled on dit ici) sont chéris, très entourés et le handicap en général est ici beaucoup mieux accepté que chez nous (c’est ton karma!). Le plus rageant, c’est que la plupart sans doute pourraient être évités : beaucoup de problèmes psychomoteurs graves sont dus à un manque d’oxygène à l’accouchement ! Plusieurs enfants aussi ont fait des AVC… Pourquoi ?

Les enfants souffrant d’un handicap n’étaient guère stimulés. Or la structure a déjà des résultats dont ils peuvent s’enorgueillir : plusieurs enfants dont les mamans sont très impliquées et qui viennent régulièrement voir le kiné ou l’ergothérapeute ont fait d’énormes progrès !

Domi discute boulot, problèmes administratifs, projet… Pendant un moment, je regarde l’ergothérapeute au travail avec le petit Deepak, lourdement handicapé, puis la petite Chiku, si gracieuse et motivée. On joue à la dinette toutes les deux…

Puis je sors me promener dans Kullu, où je suis passée des dizaines de fois sans jamais prendre le temps de m’arrêter vraiment. Je me perds dans les ruelles étroites, insoupçonnées depuis la route principales hyper fréquentée ; on se croirait dans la médina d’une petite ville au Maroc. C’est vrai qu’il fait tout de suite bien plus frais ; au détour d’une ruelle apparait un grand jardin…

Je rejoins Domi, on part déjeuner. J’achète à Sapna Sweet des ras malai à rapporter à Manali : c’est une pâtisserie à base de pistache qui baigne dans une crème sucrée délicieuse. Pas idéales à transporter mais la boite a l’air étanche. On revient au centre Handimachal ; puis Domi sonne le départ : une personne se propose de nous remonter jusqu’à Katrain (soit à mi-chemin) en voiture… climatisée ! A Katrain, on attrape très vite un bus pour Manali : BONDE !! C’est la sortie des écoles, bcp de collégiens prennent les transports en commun parfois sur plusieurs dizaines de km…

Bref, on arrive à Manali percluses de douleurs. Un peu de marche fera du bien. Domi rentre chez elle, je remonte au village. Ouf ! Les ras malai, intacts, sont au frigo et feront la joie de tous!